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 Yann. Chapitre 25.

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Natacha Péneau

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Date d'inscription : 26/09/2005

MessageSujet: Yann. Chapitre 25.   Mar 23 Oct - 0:31

Yann

Je ne connais rien de pire que le destin qui frappe votre enfant !
Il n’y avait aucune drogue à la maison et au bout de deux semaines Yann était toujours un zombie. Quand il est devenu violent je me suis précipitée chez mon médecin traitant, qui m’a dit que ce n’était plus un problème de drogue mais qu’il relevait certainement de la psychiatrie. Le rendez vous fut pris immédiatement en ville dans le privé.

Au bout d’un temps qui m’a paru sans fin, le psychiatre est venu vers moi avec Yann et m’a dit :
« L’ambulance est en route, avec l’accord de votre fils nous allons l’hospitaliser. »
J’ai essayé de dire que peut être pourrai-je le soigner à la maison ?
« Il est préférable de le soigner les premiers temps à l’hôpital, d’ailleurs il le désire également. »
L’ambulance est arrivée je suis montée avec lui. Il a été directement dans le pavillon qui devait l’accueillir. Quand la porte se referma à clé derrière lui j’avais envie de hurler à la mort.

J’ai été sagement remplir les papiers. Il était entendu que je vienne le lendemain voir le psychiatre qui le prendrait en charge.
Je suis rentrée à la maison me sentant misérable. Avais-je bien fait ? Avais-je moralement le droit de le faire ? J’ai téléphoné à Paris pour donner des nouvelles...Yves m’a dit :
« Mon pauvre petit. » je n’ai pas compris si c’était Yann le pauvre petit ou moi. Qu’importe !
Le lendemain matin le diagnostic est tombé :
« Crise de schizophrénie aigüe...La schizophrénie est une psychose grave survenant chez l'adulte jeune, habituellement chronique. »
«Pourrez-vous le guérir ? » mais j’avais déjà compris...
« Si nous pouvions le stabiliser ce serait déjà un grand pas de fait. »
Nous avons travaillé la main dans la main et nous sommes arrivés à le sortir du néant.
Au bout de quinze jours Mon fils m’a demandé de rentrer à la maison. Le Psychiatre a donné son autorisation : « Oui, à condition de venir me voir tous les jours. »
De femme de comédien je suis redevenue mère à pleine temps pendant plusieurs années.

****************

Je me souviens d’une pièce de théâtre qui m’avait spécialement séduite : Affaire Dreyfus, de Grimberg. … Jean Pierre Aumont y tenait le premier rôle, Yves faisait parti de la distribution.. Ensuite ils ont joué cette pièce un mois à Lyon où j’ai été rejoindre Yves en laissant Yann pour la première fois seul depuis le début de sa maladie .Je ne suis restée que dix jours ; partagée entre Yann et Yves, angoissée ne sachant pas ce que le petit allait faire… Je lui avais laissé ma voiture et nous avions acheté des planches en contre-plaqué pour qu’il me fabrique trois meubles pour mes expositions d’icônes et pour mes démonstrations en public de travail sur métal repoussé.
Je suis passée ensuite aux portraits, croquis au fusain en 10 minutes maximum ce qui plaisait encore plus aux badauds. Yann m’accompagnait parfois. Les artisans étaient très gentils avec lui.
Les croquis de portrait m’apportaient un peu d’argent immédiatement. Les commandes de portraits en pastels ou à l’huile se faisaient sur rendez vous augmentant d’autant mon petit pécule.
J’avais besoin de ces petits meubles mais c’était surtout pour occuper Yann pendant mon absence. Yann était très habile de ses mains.
Je partis à Lyon inquiète et déchirée de laisser Yann.
Yves était très heureux de me retrouver comme avant. J’étais là pour lui et à tout seul !
J’allais voir la pièce de Grimberg tous les soirs … C’était chaque fois un nouveau spectacle, l’acteur n’est pas une machine et donne selon ses possibilités et son humeur, donc c’est toujours le même texte joué d’une autre façon…J’adorais toutes ces différences ; tous les soirs après le spectacle nous allions souper ensemble, l’acteur ne mange jamais avant le spectacle où il se défoule complètement, de ce fait il s’endort tard et dort jusqu’à midi.
Il ne prend qu’une légère collation dans la journée. Nous allions nous promener dans le vieux Lyon, pour moi c’était une vie de vacances …
C’était toujours en tournée que je lui achetais ses vêtements. Il se laissait faire en faisant pas mal de caprices. Content par-dessus tout que je m’occupe de lui.
Chevit un acteur qui joue encore souvent pour son âge (il s’est éteint ce mois ci en 2012) un homme très sensible que j’aimais beaucoup.
Il a été légèrement critiqué, sur son interprétation, par l’auteur. Il a éclaté en sanglots et téléphoné à sa femme de venir immédiatement sans quoi il ne pourrait pas jouer le soir même ! Si je le souligne c’est pour montrer les différentes facettes de l’acteur, l’hyper sensibilité qu’ils savent très bien cacher mais qui génère une très grande faiblesse que j’ai découvert peu à peu chez mon mari. J’avais épousé un homme fort, de dix ans mon aîné que j’admirai et estimai beaucoup, et je me suis retrouvée avec un enfant de plus, l’enfant qui jouait aux grands…pour mes enfants j’ai laissé Yves jouer son rôle de père et d’homme fort, j’étais devenue une femme faible physiquement.
Même si je me suis renforcée moralement au cours des années.
L’adolescent a besoin de repaire, ceux de mes enfants étaient faussés.
Je pense que la plupart des parents essayent de faire au mieux, mais qui n’a pas fait d’erreurs ? Maintenant que les jeux sont faits, je culpabilise toujours …

à suivre.
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