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 Une maison à la campagne. Chapitre 23.

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Natacha Péneau

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Date d'inscription : 26/09/2005

MessageSujet: Une maison à la campagne. Chapitre 23.   Mar 23 Oct - 0:26

Une maison à la campagne.

Je suis revenue à Paris. Pendant que je subissais ma première opération de l’aorte Tania a quitté son mari en suivant une troupe de théâtre à Paris. La vie était difficile pour elle, il fallait qu’elle l’assume. Elle l’a fait.
Les médecins m’avaient conseillé une vie calme après l’opération. Dans la mesure du possible bien sur !

Yves avait un ami d’enfance pilote à Air France qui avait hérité d’une maison dans les Deux Sèvres. Yves m’y a installée en convalescence. Il jouait au théâtre et venait me voir quand il pouvait ...je n’avais pas de voiture. Aurais-je pu la conduire ? Peut être pas.
Coupée de tout dans une maison étrangère, sans téléphone pouvant à peine marcher j’avais heureusement toute une bibliothèque à ma disposition ... Quand Yves venait je rêvais de sortir de mon environnement et lui de rester toute la journée sur une chaise longue.
Un jour je lui dis : « J’aimerai tant avoir une petite maison à moi, pouvoir planter des fleurs, des fraises, me sentir chez moi en un mot. »
Aussitôt Yves me proposa de venir voir les maisons à vendre dans l’agence du coin.
Je me mets rarement en colère mais quand mes colères sortent elles sont très violentes.
Au début, Yves n’a pas du comprendre pourquoi tout d’un coup je devenais une furie...
«Tu n’achèteras jamais rien tu as trop peur de te séparer de tes sous. Il y a trop longtemps que je vais visiter des maisons à vendre que tu n’as jamais achetées Le jour où tu en achèteras une j’irai la voir mais pas avant ! » J’ai du agrémenter le tout de quelques injures...
Il est allé à l’agence aussitôt en revenant il me dit :
« Nous avons quatre maisons à visiter qui sont dans mes prix rendez vous à 14 heures. Tu fais ce que tu veux mais il serait bon que tu viennes aussi. »
Si je n’avais pas hurlé toute ma colère et ma déception je suis sur que jamais il n’aurait acheté la moindre bicoque. Sur les quatre maisons visitées nous nous sommes arrêtés sur la quatrième qui avait l’avantage de pouvoir être emménagée sans faire de travaux !
Yves m’a proposée d’attendre encore un peu, qui sait si nous ne trouverions pas mieux.
Je savais que c’était maintenant ou jamais.et je me suis accrochée. Yves paya les arrhes et j’avais ma maison !
Ma sœur m’a rendue un fier service en me demandant de la lui prêter en juillet... Ce que je fis, au bout d’un mois son mari et elle, nous ont détaillé tous les défauts de cette maison et ils étaient nombreux. Une gare de triage au dessus à quelques mètres, un silo à grain qui tournait toute la nuit avec un bruit infernal et attirait les rats ! La trois voies qui passait en dessous avec un bruit de voitures vingt quatre heures sur vingt quatre.
Heureusement que ma Sœur nous a prévenue. Yves avait versé des arrhes qu’il ne voulait pas perdre. Son ami avait repéré une petite fermette à l’abandon, complètement délabrée, dans un petit village perdu, le terrain était en friche mais j’ai vu tout de suite comment j’allais m’y prendre pour faire revivre ces quatre ares ... Yves a été séduit par les poutres et les dalles en pierre usées par des siècles et des générations qui ont marché dessus.
Je fis jurer Yves de faire rapidement les travaux. Aux moins les sanitaires, l’eau dans la cuisine et l’isolation des deux pièces habitables. Yves m’offrit la fermette pour nos vingt ans de mariage !
J’étais au septième ciel quand je suis allée à Créteil pour ma deuxième opération de l’aorte...
Chaque fois je jouais ma vie, je le savais le chirurgien aussi. Avant de m’endormir je lui souhaitais bon courage.
En me réveillant j’entendais la voix d’Yves. Donc j’étais en vie.
A moi de prendre la relève et de lutter pour le rester.
En réanimation le médecin chef était la mère d’une actrice avec qui Yves jouait en ce moment dans une pièce de Berthold Brecht « l’opéra de quatre sous ». Sa mère me prit sous sa protection avec une grande humanité.
Dans le service de chirurgie cardiaque La « médecin chef » était mariée à un metteur en scène connu qui dirigeait le théâtre municipal de Lyon. Le théâtre me rattrapait jusqu’à mon lit d’hôpital.
J’étais en plus la chouchoute du professeur Germain qui m’avait opérée, mon séjour en fut grandement facilité.

****************

Yves a accepté un contrat à Lyon. J’ai constaté qu’à chaque coup dur mon mari trouvait du travail en dehors de Paris. Je lui en ai voulu un peu. Mais après tout, chacun ne donne que ce qu’il peut donner.
Les enfants étaient seuls à la maison. Avec une heure d’une femme de ménage par jour.
Moi à l’hôpital (complications postopératoires) Vlad venait me voir malgré la longueur des trajets. Il devait passer sa licence de psychologie. Sa crise d’adolescence s’est muée en colère froide qui frisait l’aversion.
Un psychiatre m’a dit un jour que plus les enfants aiment leur mère plus ils sont violents pour pouvoir s’en détacher et devenir adulte. Maigre consolation !
Aucune nouvelle de Yann qui devait faire des bêtises ... je suis rentrée plus tôt que prévue avec soins à domicile.
Une amie fit ma sortie elle m’emmena dans une vieille deux chevaux qui secouait drôlement mon téflon et mes cicatrices toutes neuves...
Me voilà à nouveau dans notre petit appartement.
Un matin Tania me téléphone : « Maman ! Je pars en Argentine ... »
« Quand ?.. »
« Tout de suite je suis à l’aéroport... »
« As-tu ton billet de retour ? et ta fille ? et pourquoi ? » lui ai-je demandé.
« Je devais trois mois de loyer. La propriétaire me mettait à la porte. Gigi m’a proposée de venir avec lui en Argentine... C’est marrant ? J’ai dit ... Oui. »
« Qui est Gigi ? » je paniquais de plus en plus, en espérant ne pas le laisser paraître.
« Oh, Gigi ? C’est mon voisin de palier, t’inquiète pas il vend du bétail en Argentine. Je te téléphonerai dés que nous serons arrivées. J’y vais ! C’est l’embarquement. »
C’était tout à fait ma fille ! Je voulais que mes enfants soient libre, indépendant et au dessus de toutes les conventions... J’y suis parvenue avec Tania et Yann.
Elle me téléphonait dés qu’elle en avait l’occasion. C'est-à-dire très souvent.
Un jour elle demanda au commandant d’un paquebot de croisière de me téléphoner au milieu du canal de Panama.
« Maman, s’écria-t-elle, écoute bien tu es en train de faire le tour du monde avec moi ! »
J’écoutais des bruits de fond.
« Maman, tu as traversé le canal de Suez et bien maintenant c’est le canal de Panama ! Nous avons fait le tour du monde ! »
Même le commandant me souhaita la bienvenue.
à suivre.
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Une maison à la campagne. Chapitre 23.
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