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 LA FEMME DU COMEDIEN La vallée de Chevreuse.Chapitre 7

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Natacha Péneau

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Date d'inscription : 26/09/2005

MessageSujet: LA FEMME DU COMEDIEN La vallée de Chevreuse.Chapitre 7   Mar 2 Oct - 3:49

La vallée de Chevreuse

A la naissance de Vlad Yves écrivait sur commande une adaptation théâtrale de Tartarin de Tarascon. Un ami metteur en scène avait réussit d’avoir les droits d’adaptation.
A l’époque Daudet n’était pas dans le domaine public.
Et il nous fallait donc une autorisation de ses héritiers pour avoir un droit d’adaptation.
Les droits d’un auteur sont protégés cinquante ans après sa mort (les années de guerres comptent double)
Pendant qu’Yves était plongé dans ses écritures, moi je l’étais dans les couches et autres plaisirs de la maternité.
Nous sommes parties, malgré tout en vacances, dans la vallée de Chevreuse à quelques kms de Paris dans une petite maison préfabriquée qu’une vieille russe nous louait à la condition de lui refaire les peintures à la fin de la saison ! Une location gratuite … Vlad avait 14 jours et ma fille trois ans et demi… Appeler vacances le travail d’une femme avec deux enfants en bas âge est un euphémisme ! J’allaitais Vlad à l’époque, minuit était le dernier repas, six heures du matin le premier …
Yves en parfait bourgeois ne mettait jamais la main à la pate ! Je m’en accommodais.
En parfait intello il écrivait l’adaptation de Tartarin de Tarascon… nous avions des amis acteurs, qui habitaient non loin et qui venaient nous voir assez souvent.
Le futur metteur en scène venait tous les quatre matins surveiller les progrès de l’écrivain, ils parlaient déjà de distribution, discutaient sur les mérites de tel ou tel acteur.
Il fallait « une grosseur » pour jouer Tartarin … (un homme gros) de l’argent à trouver pour monter la pièce, les décors, les costumes, quel serait le théâtre le plus adapté à nos moyens et la grandeur du plateau pour un grand nombre de comédiens ! Il faut dire que nous n’avions ni les uns ni les autres un sou en poche. Par contre beaucoup d’idées pour se faire subventionner, trouver une filière, un mécène, ou une tout autre combine ...

Tout cela était nouveau pour moi…irréaliste et passionnant ! J’assistais à toutes leurs discutions, assise dans un petit coin avec mon bébé au sein, ou servant le thé, le café, ou le dîner suivant, les circonstances…
Parfois Yves redevenait un véritable enfant nous faisions des parties de cache-cache avec Tania ou nous allions pique-niquer le soir en vélo dans les champs, malgré tout c’était des vacances, en tous les cas nos premières…du 15 juillet au 15 septembre…
Ce fut aussi notre première grande dispute, pour pas grand chose, pour ainsi dire, rien… J’ai piqué une grande crise de larmes en lui reprochant de m’avoir épousée uniquement pour avoir un enfant (ce qui devait être en partie vrai) et de ne pas m’aimer..(ce qui devait être en partie faux) il était totalement perdu ne sachant que me dire ni comment me consoler c’était mes premières larmes devant lui, dues à l’épuisement et la déprime post natale… J’ai compris que c’était à moi de le rejoindre car il était loin de comprendre ma sensibilité. Nous avons fait la paix.
Ma famille venait nous voir souvent pendant cette période de vacances, et puis comme tout à une fin, nous sommes revenues à Paris… sans avoir repeint la petite maison de la vallée de Chevreuse ! Yves qui faisait beaucoup d’émissions à la radio n’avait évidemment plus le temps de le faire et ne savait pas par quel bout commencer.
En racontant ses « malheurs » de maison à repeindre lors d’une émission de radio. Un copain lui proposa de venir peindre avec lui « Oh non, dit-il, avec ma femme. » il y avait deux pièces et une petite cuisine dans l’entrée. J’ai accepté puisque j’avais déjà eu l’occasion de repeindre les murs chez mes parents!
Yves garderait les enfants et son copain viendrait me chercher en moto. Nous nous étions fixés une journée pour faire les deux pièces et la cuisine. A cinq heures du matin je vois arriver un escogriffe de près de deux mètres il était sur une énorme moto… et nous voici partis avec nos bidons de peinture, pinceaux et rouleaux…
Je n’ai jamais tant rit…
Il n’avait pas besoin d’escabeau pour faire les plafonds et chlac et chlac en un tour de main le plafond était blanc, le peintre, le parquet et moi par la même occasion.
Pendant ce temps je m’attaquais aux murs.

Ce grand gaillard passe encore de temps en temps à la télévision, il est d’origine belge et a fait carrière en Belgique …mais je suis sure qu’il se souvient de notre aventure de peintre en bâtiment d’un jour … le soir épuisés recouverts de peinture blanche nous sommes revenues à Paris, non sans avoir tout nettoyé, ce qui n’était pas une mince affaire ! Aux feux verts les voitures ne redémarraient pas, tous les occupants nous regardaient couvert de blanc mais fiers comme Artaban sur cette super moto qui seule gardait sa couleur d’origine !…
Yves m’abreuva de ses inquiétudes, des difficultés qu’il avait eu avec les enfants, de doléances diverses…
Tout m’était égal, qu’est-ce que je m’étais amusée !…

**************

La pièce de Tartarin fut enfin terminée, pas dans les délais, mais terminée tout de même. Yves se disputa avec le metteur en scène.
Nous avons acheté une machine à écrire d’occasion pour taper Tartarin de Tarascon. Par la suite j’ai tapé toutes les pièces d’Yves. Tartarin fut remisé au placard jusqu’à ce qu’un musicien rencontré à la radio propose d’en faire une opérette, rediscutions il fallait en passer par Lopez, j’écoutais passionnément c’était encore un autre monde, un monde de requins… Yves avait droit à dix pour cent de droit d’auteur versé normalement par la Société des auteurs.
Les droits d’auteur qui me sont encore versés chaque fois qu’une pièce d’Yves est jouée.
Dans le monde de l’Opérette les règles changent... Le compositeur voulait qu’Yves cède un pourcentage de ses droits à Trini Lopez qui montait l’opérette une autre partie au parolier, puis au ‘musicien ami’ qui faisait partie de la bande des vautours et aux deux vedettes.
Il nous restait zéro virgule un pour cent, ce qui paraît il était encore énorme car joué au Châtelet les recettes étaient conséquentes.
Yves a mis tout ce beau monde à la porte, sans regret, en refusant royalement le 0,1 pour cent, Tartarin fut joué plusieurs fois à la radio et remisé pour toujours dans le placard…
Maintenant le roman est tombé dans le domaine public, donc tout un chacun peut en faire la version qu’il veut…
Les clés de la maisonnette de la vallée de Chevreuse furent rendues, nous n’avons jamais eu de réclamation, et Yves a soigneusement évité la vieille dame qui nous avait si généreusement laissé.sa maison pour les vacances !
Voici l’histoire de nos premières vacances ainsi que la naissance et la fin d’une pièce de théâtre.

****************
à suivre
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