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 LA FEMME DU COMEDIEN Je commence ma vie avec Yves. Chapitre6

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Natacha Péneau

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Date d'inscription : 26/09/2005

MessageSujet: LA FEMME DU COMEDIEN Je commence ma vie avec Yves. Chapitre6   Mar 2 Oct - 3:28

Je commence ma vie avec Yves


Nous voici au mois de septembre1951. J’avais compris que ma reconnaissance pour Yves s’était changée en amour … J’aimais sans le vouloir…j’aspirais à ma liberté, j’étais tombée éperdument amoureuse d’un homme qui avait une certaine amitié pour moi, mais qui ne m’aimait pas vraiment.
Il aimait une petite bretonne qui venait de le plaquer pour un autre…
Ce qui arrive de temps en temps...
Yves m’a demandé de lui donner des cours de russe, j’ai accepté nous nous voyions presque tous les jours.
Je travaillais toujours à l’atelier de peinture sur la décoration de boites en plastique, non loin du dix-septième où Yves habitait…
Entre temps il s’était consolé de ses chagrins d’amour et me demanda en mariage ? !
J’ai dit : non car je n’étais pas divorcée ... Il a traduit mon « non » en oui …
J’ai déménagé chez lui pensant faire un essai – ce que je lui dis. Il n’a toujours pas compris, dans sa tête je venais vivre définitivement avec lui et devenais sa femme !
Très vite je m’aperçus que j’attendais un enfant. …

***************
Ruy Blas

Enceinte de Vlad j’ai été chercher Tania dans les Alpes ou elle était avec ma sœur. Je voulais absolument qu’Yves ai le temps de s’attacher à ma fille et de l’aimer comme la sienne avant la naissance de son premier enfant.
Nous étions en mars 1952. C’était le printemps de notre avenir et tous les espoirs étaient permis.
Tania petite fille de trois ans et demi, allait enfin avoir un foyer stable et une vie heureuse, j’en faisais le serment…
Yves jouait dans un théâtre, non loin de chez nous une pièce de Victor Hugo : « Ruy Blas, » dans la distribution il tenait le rôle d’un des ministres, de la reine. Cette phrase : « Oh vous, ministres intègres ! » est entrée dans le langage courant sous forme ironique bien entendue ! Mais moi je l’entendais pour la première fois dans la bouche d’un comédien.
La pièce de Victor Hugo avait une superbe distribution, elle a eu un honorable succès.
J’ai été maintes fois aux répétitions, puis à la couturière : jour ou pour la première fois les comédiens jouent en costumes avec tous les accessoires devant un public d’invités, d’amis, et de la famille. C’était pour les acteurs une soirée test, de trac, de mise au point aussi bien dans la régie que sur le plateau…le lendemain sera la première représentation celle qui est la plus difficile pour convaincre le public ! « La générale » (autrement dit répétition générale)…critiques, journalistes de tout bord, qui ont bien voulu se déplacer ! Metteurs en scènes, impresarios, d’autres acteurs, ‘le tout Paris’ que l’on invitait et qui venait sur le nom d’un acteur connu ou du metteur en scène…
J’étais là, moi aussi, dans un coin morte de peur, pourtant la couturière c’était bien passée, mais le public était bien plus indulgent…
Ce soir la critique pouvait couler une pièce de théâtre ou la faire vivre.
C’était la première fois que je voyais Yves dans l’exercice de ses fonctions…ce n’était qu’un petit rôle, mais chaque phrase compte, elle doit sonner juste et tomber pile au, moment ou elle est attendue…
C’était la fin ! Le public applaudissait avec une certaine retenue comme à toutes « les générales » les acteurs guettaient sur le visage des journalistes : ce que dirait la presse du lendemain !
Le critique du Figaro avait une réputation de méchanceté il pouvait écraser un acteur, démolir une pièce de théâtre, ou vilipender un jeune auteur sans vergogne ! Tous le craignaient …mais son visage ne laissait jamais rien paraître, par la suite je m’amusais à écouter les conversations en demi-teinte pendant l’entre acte, mais novice dans l’art d’être une femme de comédien, je vibrais avec eux …souffrais avec eux, riais ave eux …
Il y a une scène dans Ruy Blas ou l’amoureux de la reine se laisse tomber par la cheminée dans la chambre de la reine, et là à genoux lui déclare sa flamme… c’était un jeune acteur plein de talent et de fougue qui tenait ce rôle. J’attendais toujours avec impatience le moment de son entrée en scène par la cheminée …et la longue tirade qui suivait. Il s’appelait Goutas, il était épatant ! Il tient toujours dans ce métier car je vois apparaître son nom de temps à autre sur les génériques.
Un soir, dans la salle j’attendais la fameuse scène de la cheminée ! Goutas fit sa galipette habituelle et resta allongé s’appuyant sur un coude pour faire sa déclaration à la reine …je vois avec horreur qu’il a les deux pieds pris dans les fils électriques, la reine troublée pendant quelques secondes,(ce qui passait très bien dans le contexte de l’action ), elle s’est assise et lui tendit la main pour qu’il puisse dans cette position incongrue lui déclarer sa flamme. Aucun spectateur ne se douta que le jeune premier était attaché par les pieds aux câbles électriques…heureusement qu’à la fin de la scène le rideau tombait …et notre ami Goutas fut délivré de la position inconfortable et même dangereuse dans laquelle il se trouvait…
Dés que Tania fut installée auprès de nous je voulu l’emmener au théâtre voire jouer son tonton Yves, c’est ainsi qu’elle l’appelait au début, un jour, en jouant il est devenu le papa de sa poupée, puis le sien dans la foulée !
Donc nous voici au théâtre, elle pour la première fois impressionnée par les décors les costumes, le noir et l’éclairage de la scène…Elle n’a pas pu comprendre grand chose à l’œuvre de Victor Hugo, mais ressentir, vibrer aux fortes impressions que dégagent les acteurs, certainement !
A la fin de la représentation nous sommes allées dans les coulisses, elle serrait très fort ma main. Quand je lui ai dit regarde c’est Yves ! Elle se blottie contre moi ne reconnaissant pas du tout cet inconnu revêtu d’un somptueux costume en velours, avec perruque et postiche qui avait l’allure d’un mousquetaire, fière allure !
Mais rien qui puisse lui rappeler son tonton Yves !
Yves se dépouilla de sa perruque, fausse barbichette et sa moustache coquine pour qu’enfin ma petite fille commence à comprendre qu’il y avait une blague et sourit timidement. Je crois que son amour du théâtre lui vient de cette petite enfance.
Elle n’a jamais raté un spectacle d’Yves, y allant plusieurs fois, car à chaque fois c’était différent en cela le théâtre est un art vivant mais intemporel, car d’un spectacle à l’autre tu ne retrouves jamais les mêmes émotions…cette période de ma vie fut consacrée à pouponner ma fillette et suivre Yves dans toutes ses activités…

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