L'envers des rimes

accueil des poètes et des nouvelles
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 L'HOPITAL.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Natacha Péneau

avatar

Nombre de messages : 1684
Date d'inscription : 26/09/2005

MessageSujet: L'HOPITAL.   Jeu 17 Nov - 3:05


L’HOPITAL.


L’hôpital est un lieu froid, déshumanisé, aux sourires figés, les bruits y sont
à peine audibles ... tout est lisse jusqu’à l’indifférence et la cruauté mentale...

L’hôpital : pour la première fois j’avançai dans un long couloir mon père et ma grand-mère me tenaient par la main, quand une femme en blanc me prit et m’emmena un peu plus loin; les enfants attendaient les uns derrière les autres
reniflant doucement, personne n’osait faire le moindre bruit. Au fond du corridor une porte s’ouvrit sur un halo de lumière.
Un homme en blanc prenait le premier enfant qui se présentait.
La porte se refermait aussitôt
Je ne pleurai pas, j’essayai de comprendre ? Je n’ai pas eu de petit déjeuner ce matin, ma grand -mère m’a dit : « nous allons voir un docteur qui est très gentil, il faut que tu sois sage et courageuse comme ton papa... »
Papa nous emmena dans son taxi à l’hôpital « des enfants malades.. » Une suite de bâtiments gris, des gens pressés des visages fermés.
Et puis le corridor....

Plus que deux enfants devant moi... plus qu’un ... mon cœur se serrait maintenant j’entendais des cris derrière la porte et des voix dures parlant une langue qui m’était étrangère ... (je ne parlais que le russe à l’époque)

C’est mon tour....la porte s’ouvre, une femme en blouse blanche me prend, m’assoit sur un drôle de fauteuil devant un homme en blanc et masqué..
Il m’ouvre la bouche et la bloque avec un instrument en fer froid ...que va –t-il faire ?
Je le regarde dans les yeux, même si je le voulais, je ne pourrais ni crier ni pleurer, j’ai peur, comment peut on avoir du courage quand la peur vous étreint ?
Une main tenant un instrument s’approche de mon visage, je ferme les yeux ... Tout va très vite ! une égratignure, la ferraille est enlevée, une cuvette pour cracher se trouve sous mon menton et un glaçon dans ma bouche... je n’ai pas le temps de faire « Aïe » que déjà on me traine, on ouvre une porte qui se referme aussitôt ...


Je me suis retrouvée dans une petite chambre avec une dizaine d’enfants qui pleuraient le sang barbouillant leur visage.
Les uns étaient assis par terre, les autres blottis contre un banc.
Je restais debout fermant bien ma bouche sur le glaçon que je suçais consciencieusement, il commençait à fondre, mais il était si bon.

Là maintenant je crois que je vais pleurer ...
mais j’entends des petits bruits contre la fenêtre et je vois le visage souriant de papa et de ma grand-mère qui me regardent à travers les carreaux, avec les larmes aux yeux.


J’étais sauvée !

Les yeux bleus de ma grand-mère irradiaient de tendresse et d’amour, cette image est gravée dans mon cœur et chaque fois que je me retrouve sur un lit
D’hôpital je regarde par la fenêtre et je vois le visage grave et souriant de celle qui me protégea, me soigna, m’aima et qui m’a tout donné.

Quelques minutes après la porte s’ouvrit je me retrouvais dans les bras de papa recouverte d’un plaid par ma grand-mère : « surtout ne parle pas, » me dit-elle.
« Tu as été opéré des glandes, maintenant tout est fini tu ne dois pas parler pendant trois jours et tu vas manger de la glace à la vanille que je t’ai déjà faite »
Pendant que grand-mère m’expliquait en détail ma convalescence nous roulions
à la maison dans le taxi de papa.

Ce fut mon premier contact avec l’hôpital.

Natacha Péneau
30.10.2011





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.natacha-peneau.fr
Alona

avatar

Nombre de messages : 55
Date d'inscription : 08/11/2007

MessageSujet: Re: L'HOPITAL.   Mer 14 Déc - 21:06

Bonjour,
c'était dur à vivre à l'époque ! Smile
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
L'HOPITAL.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hopital désaffecté (1)
» QUAND LA NUIT SERA COUVERTE DE JOUR, JE SORTIRAIS DE L''HOPITAL de Gaëlle de Malglaive
» Une femme accouche seule à l'hopital, son bébé meurt
» Hopital psychiatrique
» Evolution d'un hopital militaire

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'envers des rimes :: VOS ECRITS :: VOS NOUVELLES.-
Sauter vers: