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 Lettre à papy (V)

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Marie

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Localisation : CHOISY-LE-ROI
Date d'inscription : 17/02/2007

MessageSujet: Lettre à papy (V)   Ven 27 Fév - 4:56




A toi papy,


Après avoir attendu près d'une demi-heure notre tour pour monter dans le télésiège, alors que tu avais payé nos places, le télésiège fut à nos pieds, quand tout à coup prise d'une peur-panique, je ne pouvais plus bouger mes pieds :

- Non ! Papy pas aujourd'hui, je ne peux pas !
- Mais Marinette, nous avons les billets, voyons, naies pas si peur, je suis là.
- Je ne peux pas, j'ai les pieds cloués au sol


Comme je commençais à buter sérieusement sur les mots, et que je devenais blanche, tu me sortis de la file d'attente et nous repartîmes, sans parler, je ne pouvais prononcer un mot. Je vis de l'inquiètude passer dans tes yeux. Je te serrais fort la main.

- Sens-tu ma Marinette, comme nous sommes bien ici, ce changement d'air va nous regonfler les poumons.

Ici, le temps semble prisonnier des pierres, et ces maisons qui ont dû abriter des milliers de paysans. Qui pouvaient-ils être ces hommes ? Oui....les hommes de ce temps? Des humains qui travaillent de l'aube à la tombée du jour, sans doute, vivant de crêpes de blé , de soupes diverses, des hommes dont les conditions de vie semblent inimaginables de nos jours, par leur dénuement et leur dureté, mais...n'étaient-ils pas joyeux en dehors de ces contraintes ?

- Papy, je veux bien prendre le télésiège avec toi demain. Je crois que je n'aurai pas peur.

Nous traversions des ruelles désertes, accablées de soleil où nul ne passait à cette heure, où l'on eut peu penser que même la marée de la vie s'était retirée vers un ailleurs.

Les reflets dorés courraient sur l'eau. Tu me fis ôter les basket et rouler mon jean jusqu'aux genoux.

- L'eau est glacée papy ! Comment les gens d'ici peuvent la supporter?
- Oh ! Ma frileuse de parisienne va !

Tu étais écroulé de rire, toi, tu supportais, et de plus tu me lançais des petits cailloux afin de m'éclabousser, et plus tu m'éclaboussais, plus on riait aux éclats. J'avais même des tresses jusqu'aux fesses qui lorsque j'avançais traçaient des sillons dans le courant de l'eau.

- Tu trembles ma Marinette, nous allons rejoindre la location.

Le lendemain matin ce fut le grand jour, il fallait que je sois forte, pour toi Papy, que je n'aie plus peur. J'avais enfilé mes sandales, mon short et un tee shirt, ajouté mon pull autour de la taille, mis ma casquette de coquine. Il ne devait pas faire chaud dans les hauteurs.

- Attention ma belle, le télésiège s'avance, es-tu prête dis-moi ?
- Oui ... Papy, allons-y, il ne s'arrête que très peu, juste pour s'installer et bien s'attacher.

J'avais Larielle dans les bras, que je serrais de toutes mes forces, j'étais bien !

- Minette, regarde comme c'est beau, cette immensité!...
- Oh oui, Papy, regarde aussi en bas, les sapins sont tout petits.
- Marinette ! Que Diable ! Ne te penche pas, ah toi alors, tu me feras mourir avant l'âge!!!

J'avais juste un doux sourire à t'offrir avec mes petites fossettes et aussitôt ta fausse colère, se transformait en tendresse.

- Comment te sens-tu ma belle ?
- Bien, bien Papy, c'est une merveille, j'ai même envie de voler !
- Oui ! oui ! On verra çà un peu plus tard, tu veux, pour le moment, observe...

Ta Marinette
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