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 Lettre à papy(IV)

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Marie

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Localisation : CHOISY-LE-ROI
Date d'inscription : 17/02/2007

MessageSujet: Lettre à papy(IV)   Ven 27 Fév - 1:38

A toi Papy,

Poussé par ma vitalité, mon grand-père se pressait de finir son café, pendant que j'étais affairée à préparer mon petit sac de tissus écossais.

Je me souviens de ton large sourire, Papy, lorsque tu posais des éclairs bleus, sur la poupée Barbie que tu venais de m'offrir. De mon air interrogateur :

- Papy, pourquoi donc que la poupée est chauve ?
- Regarde-bien Marinette, au fond du sachet il y a quelques perruques.

Une poupée Barbie, pensez-bien ! quel cadeau, je la serrais très fort tout contre moi, et je lui chuchotais :

" Larielle, tu es le plus bel anniversaire de ma vie ".

C'était un samedi après-midi et je souffrais de mes premières mollaires. A huit ans, elles commençaient à percer, j'avais un mal très prononcé. On me trouvait avancée pour avoir des mollaires à cet âge,moi je ne pensais qu'à cette douleur persistante. Il fallait que je songe à tout prix à me trouver des occupations, afin d'oublier.

Que tu étais beau Papy, dans ta chemise à carreaux, les yeux si bleus te donnaient un air un peu sévère et étrange à la fois, toujours pensif que tu étais, mais je ne craignais pas ce regard familier.

- Es-tu prête Marinette ? Le chapeau de soleil, n'oublies pas de le prendre, car il fait chaud au fond du jardin.

J'aimais te ramasser quelques fleurs, de pissenlits, ces grosses fleurs jaunes qui ne sentent rien, c'est peu dire ! Il sortait de leur tige un liquide laiteux, et je me souviens de ton regard interrogatif posé sur moi,

- Marinette, ce liquide est un poison, ne porte pas tes doigts à ta bouche surtout.

Je n'ai jamais su si tu disais vrai à propos de ce liquide, sans doute avais-tu raison de le faire peur, à moi l'intrépide.

Tu étais toujours ravi de mes petites intentions. Ah ! Nous étions heureux tous les deux !

- Regarde Marinette ! les cerises commencent à prendre forme, elles sont petites et vertes.
- Dans combien de mois Papy, pourrons-nous les cueillir ?
- Pas avant deux mois, ma gourmande !

Arrivés au fond du jardin, tu dépliais délicatement ta chaise, et t'y installais confortablement.Sans perdre de temps, je cogitais à ce que j'allais bien pouvoir faire.

- Ma Marinette, tu vas perdre ta basket, tu ne sais donc toujours pas lacer tes chaussures ? Que diable ! Viens me montrer ici ce que tu sais.
- Regarde Papy, on croise les lacets, on fait un noeud, on tire, ensuite on prend chaque lacet on fait une boucle, on noue les deux boucles, on fait un noeud et hop ! c'est fini !
- Ah! ...Qui t'a apprise cette façon ?
- La maîtresse Papy, la maîtresse bien sûr , même qu'elle m'a fait recommencer au moins dix fois.
- Ma foi, si tu crois que cela va tenir...

J'avais choisis de jouer à la balle, puis lorsque tu fus las, tu rejoignis ton fauteuil pliant et entrepris de lire " L'adieu aux armes " de Héminguay je crois. Quant à moi je continuais de lancer la balle de plus en plus haut, tant et si bien que je réussis à la percher sur le toit de la cabane.

Tu étais tellement plongé dans ton bouquins que tu ne t'aperçus guère des maintes prises de gymnastique que j'entamais, grimpant sur les planches formant le mur, la fenêtre de celui-ci, j'escaladais cette ruine qui en fait n'était qu'une réserve à bois de chauffage. Elle tenait debout miraculeusement. Lorsque j'atteignis le toit, pas sans mal, je me suis aperçue qu'il était en piteux état, et j'avançais sur la pointe des pieds, mais...proche, très proche de récupèrer la balle, je fis une majestueuse glissage et chutais du haut de la cabane.

Quelle ne fut pas ta frayeur ce jour-là, pauvre Papy.
- Mariiii nee...et...ett...ette !!!!!

Ne me parvenait plus que l'écho de ta voix. Je devins inconsciente. Ce ne fut que quelques heures plus tard, que je me réveillais dans un lit d'hôpital, sous la caresse de ta main qui effleurait mon petit front.

- Ne bouge pas, ma belle, surtout ne bouge pas, tu as deux côtes cassées, je t'en prie, je suis là, je suis là, c'est Papy...
- J'ai mal Papy, j'ai mal, où est Larielle, donne la moi !
- Ne parle pas trop ma Minette, chuuuut !!! repose-toi.

J'avais encore l'écho " Mari nett ette " qui me revenait.

- Ne bouge pas, je reste auprès de toi, mon garçon manqué !

Et tu avais malgré tout, un doux sourire, mon Papy.

Ta Marinette.

(Extrait du recueil " Lettres à mon grand-père)[b]
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